10 novembre 2022 |
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La (juste) place de nos soucis privés au travail

Les émotions n’ont pas leur place au travail. La sphère privée ne devrait pas empiéter sur la performance professionnelle. Vous reconnaissez-vous dans ces deux injonctions ? Il y a des chances que ce soit le cas, tant ces croyances sont encore présentes dans le monde du travail. Cette distance peut fonctionner tant que vous ressentez un équilibre dans votre vie, mais qu’en est-il lorsque vos problèmes personnels deviennent lourds à porter et que la balance vacille ? Peut-on parler de ses soucis au travail, et si oui, comment bien le faire (à qui, quand et comment) ?

Bien évidemment, selon les pratiques en vigueur dans son contexte professionnel, il n’est pas toujours possible de se confier les situations que l’on vit sur le plan personnel. Ces conseils généraux visent simplement à donner des pistes de réflexion sur la nécessité de s’ouvrir et, si cela est possible et adapté, sur la meilleure façon de le faire.

Tout d’abord, la personne essentielle à qui vous confier votre situation est votre manager. Ceci lui permettra de comprendre une baisse de régime ou des absences, par exemple. Il est également essentiel de trouver un moment où votre manager est en mesure d’accorder l’attention nécessaire à votre situation : prévoyez, si possible, un échange à un moment calme de sa journée. Troisièmement, avant de lui parler, il est important que vous réfléchissiez à votre message, à l’impact qu’il pourrait avoir et au niveau de détail dans lequel vous souhaitez entrer selon votre relation de confiance. Cherchez autant que possible de rester dans un discours factuel, ainsi que de clarifier vos besoins tout en les limitant dans le temps. Ce n’est pas un exercice facile, mais plus votre message et vos demandes sont claires, mieux votre manager pourra évaluer le niveau de soutien dont vous avez besoin, voire vous aiguiller sur certaines solutions.

La vie est ainsi faite qu’elle comporte des hauts comme des bas : on jongle constamment entre des rôles et, face à cette complexité, il est illusoire de croire que l’on peut éteindre une partie de sa vie comme un interrupteur lorsqu’on franchit la porte du bureau. Et vice versa, d’ailleurs. Ainsi, dans une société qui valorise passablement la charge de travail, mais aussi le bien-être et l’épanouissement en-dehors de la sphère professionnelle, pourquoi ne pas permettre à ces deux parties d’une même vie de coexister, en gardant en tête qu’une bonne communication – adressée au bon moment, au bon interlocuteur et de la bonne manière – peut bien nous soulager dans certaines phases de vie.

Auteur: Marielisa Jaeger-Auteri