2 février 2024 |
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Que faites-vous dans la vie ? Vraiment ?

Alors qu’il y a seulement vingt ans les cas de reconversions choisies ou subies étaient encore peu fréquents, parfois mal acceptés, voire considérés comme disruptifs, nous assistons aujourd’hui à un véritable engouement pour ces changements de cap. Dans un contexte de marché du travail en pleine mouvance, le sens et la valeur qu’on lui accorde sont sujets à de nombreuses et profondes remises en question. De plus en plus de situations de réorientation totale se dévoilent et sont valorisées dans les médias. Qu’est-ce qui se cache derrière cette tendance ?

Dans le regard de la société, le modèle de carrière « réussie » correspondait auparavant à celui d’une formation supérieure, puis d’une entrée dans le monde du travail. S’en suivait un avancement régulier dans les échelons et les responsabilités, avec en filigrane une forte ancienneté dans les entreprises et une réponse satisfaisante aux critères de performance attendus. Aujourd’hui, le mot même de réussite ne revêt plus le même sens : il est beaucoup plus souvent associé à l’équilibre de vie et à l’épanouissement global. A la seule quête de responsabilités hiérarchiques a succédé celle des tâches intéressantes et stimulantes, permettant de déployer l’étendue de ses compétences, d’œuvrer dans le respect de ses valeurs, ou encore de donner un sentiment d’utilité. Les nouvelles générations qui arrivent sur le marché ont une vision du travail qui ne correspond plus à un aboutissement en tant que tel, mais à un moyen d’atteindre un épanouissement plus large qui trouve également racine dans d’autres sphères de la vie.

Le travail n’est pas exclu de cet épanouissement personnel, mais il en est devenu l’une des composantes parmi d’autres. À ses côtés se trouvent par exemple les loisirs, la famille, les cercles sociaux, chacun d’entre nous répartissant différemment son temps et son intérêt entre ces multiples sphères. C’est alors la place du travail dans nos vies qui tend à être bien différente que par le passé, rendant les transitions plus acceptables, voire légitimes ou même, dans une certaine mesure, attendues au fil d’un parcours professionnel. On peut ainsi se réjouir que le choix d’un métier se fasse aujourd’hui dans une logique systémique de construction et de conduite globale de sa vie, car cela ouvre le champ des possibles et amène de la flexibilité dans les cheminements de carrière.

Alors demain, lorsque l’on vous demandera ce que vous faites dans la vie, vous pourrez répondre aisément en remettant le travail à sa juste place parmi toutes les autres sphères qui vous composent !

Autrice : Céline Mercader Cools

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